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HISTOIRE DU JAZZ
X LES FUSIONS DU JAZZ
LE LATIN JAZZ (1940)
le latin jazz naît à New York dans les années 1940 de la rencontre entre les musiques afro-cubaines et le jazz.
Puisant ses sources dans les musiques créoles de La Nouvelle-Orléans et les diverses musiques cubaines,
il revêt une grande variété de formes musicales, souvent dansantes.
Dans le sud des États-Unis comme aux Antilles, les échanges musicaux sont facilités par le brassage des populations.
Le son cubain, mais aussi les danses, habanera et danzón, apparus au début du XIX° siècle, contaminent le style
New Orleans, comme en témoignent les ostinatos latins de Jelly Roll Morton.
Pour rivaliser avec les big bands et jouer des arrangements foisonnants, inspirés de Cab Calloway,
Machito met sur pied de grandes formations à partir de 1940. Il enregistre Tanga
Tony Ballard
♦ La fusion entre la musique afro-cubaine et le be bop donnera naissance à la salsa
avec des figures marquantes comme Chico O'Farrill, Dizzy Gillespiele, Billy Taylor et Mario Bauzà...
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Billy Taylor
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candido camero
Billy Taylor
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Dizzy Gillespie
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Dizzy Gillespie fonde en 1946,
son 1er grand orchestre, avec M. Jackson,
J. Lewis, A. McKibbon, K. Clarke
et un percussionniste cubain, Chano Pozo.
Il s'inspire des descargas (improvisations collectives) de La Havane, emploie la clave cubaine et les percussions afro-antillaises (congas, bongos, maracas et timbales)
sur des harmonies empruntées au bop.
Les solistes peuvent ainsi improviser, portés
par des imbrications rythmiques nouvelles.
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Mario Bauzà
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cubana bop - Dizzy Gillespie
Dizzy Gillespie
cubop city - M.Bauzà & Machito
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♦ Dans les années 1950, le mambo (appelé aussi Afro, Cubop ou Latin jazz): cette danse populaire d'origine cubaine, naît d'une fusion de deux rythmes: la rumba et le swing . Cocktail explosif de gaieté, le Mambo procure un irrésistible sentiment de chaleur nostalgique.
♦ le cha-cha-cha et le marengue dominicain font danser pendant que le be-bop assimile les influences tropicales typiques (Charlie Parker a joué dans l'orchestre de Machito).
Sonny Rollins s'inspire d'airs de calypso (Saint Thomas)
et Herbie Mann explore la voix rythmique.
St Thomas
Sonny Rollins
♦ Dans les années 60, le boogaloo fusionne les rythmes latins et certaines formes de rhythm and blues
♦ la salsa des années 70: alors que la pop music devient un phénomène mondial, Tito Puente
(qui a débuté avec Machito), Charlie Palmieri et Ray Barretto actualisent le son cubain
par l'ajout de sections de cuivres, l'utilisation rythmique du piano, une ligne de basse aux accents décalés
et l'assimilation de musiques portoricaines (bombas et plenas). Sur des textes souvent satiriques,
le chanteur soliste dialogue avec les chœurs à l'unisson.
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Tito Puente
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Né dans le Spanish Harlem de New York Ernest Anthony Puente Jr.
est la figure emblématique du latin jazz.
Il fréquente les classes de composition, d'orchestration et de piano
de la Juilliard School of Music de New York. De 1940 à 1942, il évolue
au sein du groupe de Machito. En 1948, Tito Puente fonde son propre
groupe, The Piccadilly Boys. Dans les années 50, il est l'ambassadeur
du cha-cha-cha, du latin jazz, ou jazz afro-cubain.
Surnommé El Rey (le roi), ce poly-instrumentiste pratique le vibraphone
en virtuose, le piano, les percussions latines comme les congas,
la clarinette et même le sax alto.
Il écrira des succès comme Oye Como Va et Pa'los rumberos
mongo santamaria afro blue
Tito Puente
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el cumbanchero
Tito Puente
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Celia Cruz ou, dans un registre plus moderne, les groupes Los Van Van, David Calzado & La Charenga Habanera sont les représentants cubains du courant.
De son côté le Miami sound impose le séquenceur et la lutherie électronique pour offrir une version plus pop
et commerciale de cette musique de danse.
♦ la bossa nova est un style musical qui mélange le jazz, la samba brésilienne, la musique classique,
et les musiques populaires. Elle s'inscrit dans un contexte citadin: celui d'une population aisée, bohème
et cultivée fréquentant les bars et les boîtes de nuit des quartiers chics de Rio: Copacabana et Ipanema
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En 1956, Baden Powell n'a que dix-huit ans, il écrit son premier grand succès, Samba triste Suivront Canção de ninar meu bem, Samba em prelúdio ou Deve ser amor
Baden Powell s'intéresse aux formes musicales qui accompagnent les rituels magiques
comme le candomblé: Berimbau et Samba da bênção, puisent dans les sources africaines.
Son écriture est marquée par le caractère mélancolique des mélodies. Le climat, souvent méditatif et sensuel, n'oublie pas les constructions rythmiques qui rappellent les racines africaines. Son approche de la guitare assimile les apports occidentaux et les sources traditionnelles de la musique brésilienne (baiào, musiques des chôros, samba)
Dans les années 1960, c'est Stan Getz, qui le fera connaître au public américain.
Samba triste - S.Getz & C.Byrd
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João Gilberto & Tom Jobim
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Antonio Carlos Jobim écrit en 1957 la musique de Orfeu negro, qui remporte
la palme d'or à Cannes en 1959. Suit une série de chansons sur des textes
de Vinicius de Moraes et interprétées par João Gilberto qui deviendront
des classiques de la bossa nova: Chega de saudade, dans Insensatez,
Garota de Ipanema ...
De la samba traditionnelle il ne retient qu'une ligne mélodique et un rythme épurés, réduits à l'essentiel.
dialogo - Tom Jobim
desafinado - João Gilberto
Les percussions et les chanteurs à voix cèdent la place, dans la bossa nova, à un style intimiste. Frank Sinatra,
Ella Fitzgerald ou Sarah Vaughan mettent à leur répertoire des chansons de Tom Jobim qui a su donner grâce
aux interprétations de João Gilberto, un rayonnement mondial à des formes musicales authentiquement brésiliennes.
La rencontre avec le jazz est marquée par un disque culte de 1963 et publié sous le titre Getz/Gilberto
- compositions de Tom Jobim (dont The Girl from Ipanema et Desafinado), Stan Getz au sax ténor, João Gilberto
à la guitare et Milton Banana à la batterie. João et Astrud Gilberto chantent, l'une en anglais et l'autre en portugais. Tom Jobim y tient, avec discrétion la partie de piano -
Stan Getz (1927-1991) et Charlie Byrd enregistrent des thèmes de bossa-nova. Leur premier disque (Jazz Samba)
est l'une des plus fortes ventes de l'histoire du jazz. Pendant plusieurs années, Stan Getz exploite cette veine brésilienne en compagnie de Tom Jobim, Luiz Bonfa, ou avec ses propres formations dans lesquelles il sait attirer d'excellents musiciens comme Gary Burton (vibraphone), Steve Swallow (basse) ou Roy Haynes (batterie).
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samba dees days - Stan Getz
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Le guitariste Charles L. Byrd découvre le jazz à Paris à la fin de la 2° guerre mondiale, avec Django Reinhardt. Il étudie l'harmonie et la la guitare classique.
Il participe en 1961 à une tournée en Amérique latine où il découvre une musique
populaire dont les couleurs et la vitalité l'enchantent: il enregistre Jazz Samba
avec S.Getz et T.Jobim. Suit, la même année, Bossa Nova Pelos Passaros
Aux frontières du jazz et de la musique de variétés, honnête technicien,
Byrd propose un intéressant jeu en accords, un toucher délicat et un sens
des couleurs. En revanche, sa virtuosité limitée, son invention très courte
et son net penchant pour le maniérisme rendent son esthétique plus proche
de la musique d'ambiance que de l'esprit véritable du jazz...
- Ce qui, à l'évidence, n'empêche pas de conquérir le monde ! -
Byrd et Getz se disputeront la paternité de la Bossa Nova – et les opulents droits d'auteur qui s'y rattachent ... –
jusque devant les tribunaux.
Les années 1960 et 1970 ouvrent de nouveaux horizons musicaux qui incorporent la musique brésilienne:
Du côté du rock, Carlos Santana reprend Evil Ways de Willie Bobo et Oyé Como Va de Tito Puente,
alors que le jazz rock intègre des couleurs latines, avec par exemple le pianiste Chick Corea ou le groupe
Weather Report de Joe Zawinul, Wayne Shorter et Jaco Pastorius.
Oyé Como Va - Carlos Santana
THE THIRD STREAM (1955)
Le Third stream (troisième courant) est un terme inventé en 1957 par le compositeur américain Gunther Schuller
pour décrire un genre qui synthétise la musique classique et le jazz. L'improvisation en reste un élément clef.
On peut trouver des antécédents au Third stream dans les travaux de compositeurs comme Bartók ou Debussy,
qui visaient à renouveler la musique classique en puisant dans le vivier des musiques populaires européennes.
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l'enfant et les sortilèges - M.Ravel
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Rhapsody in Blue - G.Gershwin |
Des jazzmen comme Woody Herman avaient cherché à concilier jazz et classique,
en intégrant par exemple des éléments tirés de compositions de Stravinsky.
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Laura - E.Rava & R.Blake
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Parmi les principaux représentants
du Third stream, on peut citer
John Lewis, Ran Blake
et Scott LaFaro.
Le pianiste John Aaron Lewis rencontre Kenny Clarke, qui l'incite à devenir musicien de jazz professionnel
et le recommande à Dizzy Gillespie. En 1949, il rejoint le nonette de Miles Davis et enregistre Birth of the Cool
En 1951, John Lewis entre au Modern Jazz Quartet et deviendra son directeur artistique.
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air for g string - Modern Jazz Quartet
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John Lewis associe le MJQ à des quatuors à cordes ou à des formations symphoniques. Parmi les pièces qu'il a écrites,
on citera Django, The Comedy, Versailles, Three Windows, Vendôme et Concorde. John Lewis participe à la création
de la Jazz And Classical Music Society. Il ne résistera pas à l'envie d'enregistrer quelques grandes œuvres
du répertoire classique, dont le Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach.
Amoureux avant tout de la forme, il épure son discours de tout détail superflu, de toute surcharge inutile.
Les mélodies baroques et le contrepoint se parent d'une mélancolie proche du blues. Le swing est économe et concis,
le legato particulièrement souple. La variété du toucher, la finesse des attaques, la justesse des accentuations et le sens inné du silence, font de lui un maître de l'allusion et de l'élégance.
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Avec Rocco Scott LaFaro, la contrebasse déserte la section rythmique pour se mêler
sans complexe aux échanges des instruments mélodiques. L'accompagnement prend la forme d'une libre conversation avec le soliste. Ce jeu suppose une grande maîtrise instrumentale,
des connaissances harmoniques poussées et une sûreté rythmique à toute épreuve.
Il joue avec Chet Baker jusqu'en1957 puis devient le partenaire de Sonny Rollins,
Stan Getz, Stan Kenton, Bill Evans. En 1960, il est recruté par Gunther Schuller
pour défendre des œuvres concertantes. Il participe à l'enregistrement de l'album
Free Jazz. En 1961, un accident de voiture met un terme à une carrière prometteuse.
bohemia after dark - Scott LaFaro
L'ETHIO-JAZZ (1960)
♦ L'éthio-jazz est une forme de jazz née en Éthiopie à la fin des années 1950, sous les influences du jazz, de la musique traditionnelle éthiopienne dite azmari, de la musique latine, et de la pop music anglo-américaine. L'influence du musicien arménien Nersès Nalbandian fut très importante pour l'essor de la musique éthiopienne moderne. Elle est devenue extrêmement populaire de 1960 à la fin des années 1970.
musique traditionnelle éthiopienne "azmari"
♦ De nombreux groupes officiels, alors seuls autorisés à jouer par le gouvernement, tels que l'Orchestre de la Garde impériale, le Police Orchestra, l'Alèm-Girma Band, ou le Ras Hotel Band développent cette musique sur une période
de 15 ans. Parmi les plus grands succès, on peut citer l'album Erè Mèla Mèla de Mahmoud Ahmed publié en 1975.
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Mahmoud Ahmed |
Erè Mèla Mèla - Mahmoud Ahmed
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♦ Mulatu Astatke est probablement la figure la plus emblématique et connue de l'éthio-jazz,
avec le saxophoniste Getatchew Mekurya.
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Getatchew Mekuria
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yegenet muziqa - Getatchew Mekuria
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soul power - Mulatu Astatke
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♦ Les chanteurs et musiciens populaires les plus connus: Mahmoud Ahmed, Gigi Shibabaw, Teddy Afro,
Tilahun Gèssèssè, Aster Aweke, Hamelmal Abate, Tewodros Tadesse, Ephrem Tamiru, Tèshomè Meteku, Muluqèn Mèlèssè, Bizunesh Bekele, Tadesse Alemu, Alèmayèhu Eshèté, Girma Bèyènè, Neway Debebe, Asnatqèch Wèrqu, et Ali Birra.
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Hamelmal Abate
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Yemendjar Shega - Muluqèn Mèlèssè
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Addis Abeba Bete - Alèmayèhu Eshèté
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♦ Le renouveau de l'éthio-jazz dans les années 90 est marqué par deux tendances:
- quelques chanteurs des années 70 encore actifs, comme Mahmoud Ahmed
- reprise du style et des standards de l'éthio-jazz par de nouvelles formations américaines ou européennes:
le Either Orchestra ou, en France, Le Tigre (des platanes) qui collabore depuis 2007 avec Eténèsh Wassié,
Akalé Wubé, Eth ou Arat Kilo.
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tsedenia markos bati
Either Orchestra
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Le Tigre (des platanes)
& Eténèsh Wassié
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LE RYTHM' n' BLUES (1960)
À la fin des années 1960, la pop music intègre plus clairement des éléments du langage de la musique noire
(avec, par exemple Joe Cocker), au moment où Otis Redding atteint des sommets d'expressivité grâce
à un style vocal complet qui dialogue constamment avec une section de cuivres. Il commence à intéresser
le public blanc, tout comme The Temptations, The Four Tops, Stevie Wonder, Marvin Gay,
Aretha Franklin ou Sam & Dave.
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hey hey - Eric Clapton
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atom heart mother - Pink Floyd
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Solomon Burke: en mêlant, au début des années 1960, le gospel des églises afro-américaines
avec le rhythm'n'blues, le chanteur s'est affirmé comme l'un des pionniers de la musique soul.
A la fois prédicateur et animateur d'un programme radiophonique consacré au gospel, il commence
à enregistrer en 1955, mais ne connaîtra son premier grand succès qu'en 1961, avec Just Out Of Reach, une version rhythm'n'blues d'une ballade country.
Les techniques vocales sont issues du gospel: interjections hurlées, récitation proche de l'exhortation, mélisme et timbre râpeux. Burke devient l'un des premiers interprètes de rhythm'n'blues à être qualifié d'artiste soul, grâce au succès que rencontrent Cry to Me, If You Need Me, Goodbye Baby,
Got to Get You off My Mind, Tonight's the Night
Cry to Me - Solomon Burke
The Four Tops: quatuor vocal formé en 1956. Caractérisé par une exceptionnelle longévité, la stabilité de son effectif, la grande qualité de ses voix et des prestations scéniques élaborées, le groupe connaîtra une notoriété internationale.
I can't help myself - The Four Tops
À partir de 1967, The Four Tops interprètent des thèmes pop: River Deep, Moutain High, qu'ils jouent
avec The Supremes. Après les années rhythm and blues, où leur public état principalement afro-américain,
il leur faut contrer la «British invasion» et assurer le crossover, afin de toucher un large public. Pour cela,
ils travaillent les mélodies, créent un son sophistiqué grâce à des orchestrations de cordes et de cuivres,
tout en maintenant les voix dans la tradition du gospel.
keeper of the castle - The Four Tops
James Brown: c'est durant les années 1960 qu'il acquiert le surnom
de "Soul Brother Number One". Ses succès ont souvent été associés
à l'émergence de ce qu'il est convenu d'appeler la "révolution noire"
et aux luttes pour les droits civiques, notamment les chansons
Say It Loud - I'm Black and I'm Proud devienu l'hymne du Black Power,
Don't Be a Drop-Out et I Don't Want Nobody to Give Me Nothin'
Les politiques font d'ailleurs appel à lui pour ramener l'ordre
dans les ghettos noirs frappées par les émeutes.
Say It Loud - James Brown
C'est en 1965 que James Brown enregistre les fameux Papa's Got a Brand New Bag et I Got You (I Feel Good)
I Got You - James Brown
Son style funky influence profondément des interprètes comme Sly and the Family Stone, les Temptations
ou Miles Davis, avec notamment le célèbre Bitches Brew
Wilson Pickett: produit de l'Église noire du Sud, le gospel est au cœur de son style musical
et de son personnage sur scène. C'est davantage un témoin qu'un chanteur, un prédicateur qu'un crooner. Ses interprétations sont marquées par la ferveur de ses convictions religieuses, même si ses chansons sont profanes.
Après ses premiers enregistrements dans le domaine du gospel pur, Pickett passe
à la musique profane. Il fait partie des Falcons, un groupe vocal de rhythm and blues,
et chante I Found a Love, In the Midnight Hour, Land of 1 000 Dances, Mustang Sally,
Funky Broadway
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Land of 1 000 Dances - Wilson Pickett
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In the Midnight Hour
Wilson Pickett
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Son approche directe et instinctive est acceptée, voire vénérée, par une culture pop
préoccupée par la question des droits civiques.
Marvin Pentz Gay, Jr. chante à l'église évangélique de son père et devient membre
d'un groupe de doo-wop, les Moonglows. A la fin des années 1950, Gaye tient absolument
à être un crooner dans le style de Nat King Cole et de Frank Sinatra, mais ses tentatives
en la matière sont des échecs.
Il se fait connaître avec Stubborn Kinda Fellow, qui inaugure une longue série de succès, notamment I'll Be Doggone de Smokey Robinson et I Heard It Through the Grapevine
de Norman Whitfield.
I Heard It Through the Grapevine - Marvin Gaye
Doté d'une tessiture exceptionnellement large (une voix de fausset perçante, un ténor fluide dans le médium
et le grognement profond du gospel), Gaye allie de grandes prouesses techniques à une personnalité rare.
What's Going On est l'œuvre la plus importante de sa carrière: cet album concept dépeint le paysage poignant
des quartiers noirs. Gaye y fait preuve d'une virtuosité éblouissante en superposant sa propre voix trois
ou quatre fois, technique qu'il utilisera pendant le reste de sa carrière.
What's Going On - Marvin Gaye
Ses principales influences sont, selon lui, Ray Charles, Clyde McPhatter, Rudy West (chanteur du groupe de doo-wop les Five Keys) et Little Willie John. Chanteur d'une grande sensibilité et d'une grâce romantique, il a su utiliser la soul urbaine pour exprimer des problèmes sociaux et personnels.
Otis Redding: né à Macon (Georgia), il est profondément influencé par Sam Cooke.
À la fin des années 1950, il entre dans le groupe de Richard, les Upsetters.
Le chant à pleine gorge de Redding est la référence des artistes soul.
Il met à nu ses émotions et chante avec puissance incroyable et sincérité.
Les succès s'enchaînent vite: I've Been Loving You Too Long , Respect, Satisfaction,
Fa-Fa-Fa-Fa-Fa (Sad Song)
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respect
Aretha Franklin
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satisfaction
Otis Redding
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L'influence de Redding s'étend au-delà de ses chansons réalistes. Il introduit une nouvelle sorte de rhythm and blues, épuré et très trempé. Il convertit le style hippie en musique soul en 1967 et entame une nouvelle phase de succès: (Sittin' on) The Dock of the Bay, The Happy Song (Dum Dum), Amen et Papa's Got a Brand New Bag
The Dock of the Bay - Otis Redding
Albert Green enregistre la chanson des Beatles I Want to Hold Your Hand en 1969,
qui révèle son agilité vocale impressionnante. Il grave ensuite I Can't Get Next to You
des Temptations. Mais c'est Tired of Being Alone et Let's Stay Together qui montrent
son extraordinaire potentiel.
tired of being alone
Al Green
Green rend l'intensité du gospel, adoptant sans effort une voix de fausset très aigüe,
ou plongeant dans un grognement enroué.
Au milieu des années 1970, confronté à une profonde crise d'identité, il devient pasteur
et fonde sa propre église. Il se consacre entièrement à son ministère et au gospel.
LE JAZZ FUNK (1960)
♦ Le terme "funky" est utilisé dans le jazz depuis au moins les années 1940. Utilisé à l'origine pour décrire une musique issue des ghettos, authentique, privilégiant l'émotion, interprété sur des tempos généralement lents, voire très lents. Pour le courant hard bop, dans les années 1950 le terme "funk" met en valeur l'influence des cultures afro-américaines (gospel, blues, rhythm and blues, influences africaines et caribéennes).
Pour exemple les enregistrements Funky Blues réunissant en 1952 J. Hodges, C. Parker, B. Carter, O. Peterson,
B. Kessel, C. Shavers, F. Philips et B. Webster; Blues in my Shower de Nat King Cole (1947), Ruby My Dear
de Thelonious Monk (1947), Who's Blues de Herbie Nichols (1952), Blue Funk de Ray Charles et Milt Jackson (1957), Weird Blues du quintet de Miles Davis avec Sonny Rollins (1956), ou But Not For Me du trio d'Ahmad Jamal (en public au Pershing, 1958).
♦ Le trompettiste Dizzy Gillespie a interprété à la fois un jazz funky dans le sens originel du terme (After Hours, 1957),
il a été aussi l'un des précurseurs du "jazz-funk", avec son N'Bani (album Matrix The Perception Sessions, 1971).
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after hours: stardust
Dizzy Gillespie
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matrix - Dizzy Gillespie
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♦ Le jazz-funk est le style musical apparu aux États-Unis dans les années 1960 et dans la lignée du Hard Bop.
Fondamentalement influencé par les enregistrements entre autres de James Brown, le jazz-funk mêle le groove
du funk aux structures harmoniques du jazz et les nouvelles technologies instrumentales, pour obtenir une musique extravertie, orientée vers la danse, avec des textures rythmiques et mélodique de grande qualité:
- structure jazz: thème / succession de solos / thème
- rythmes syncopés
- instrumentation funk: percussions et batterie électroniques, piano électrique Fender Rhodes ou Wurlitzer,
orgue Hammond B3, synthétiseurs analogiques (Mellotron, ARP Odyssey, Oberheim, Moog, Hohner D6 Clavinet),
cuivres, basse électrique, parfois guitare électrique ...
- effets instrumentaux: le slap à la basse électrique, le son de cordes frottées au synthétiseurs
♦ Ce courant fait preuve d'une grande créativité, produisant des oeuvres originales et influentes: M. Davis, H. Hancock, L. Donaldson, C. Adderley, H. Silver, E. Deodato, The Headhunters, Weather Report, Azimuth, B. Cobham,
G. Green, E. Henderson, P. Rushen, D. Byrd, I. Muhammad, J. Thomas, R. Lewis, D. Reith, Roy Ayers Ubiquity, The Reddings, S. Clarke, G. Washington Jr., M. Miller, the Temptations, M. Parker, J. Brown ...
Chacun tentant d'y apporter sa signature, son style propre, ses effets et ses inspirations.
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Herbie Hancock
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chamelon
Herbie Hancock
& The Headhunters |
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slick - Ramsey Lewis
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cross the track
Maceo Parker
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JAZZ FUSION / JAZZ ROCK / FREE ROCK (1970)
♦ Ce courant tente soit la synthèse, soit le collage pur et simple d'éléments empruntés au free jazz
(hyper-expressionnisme sonore, refus de la mélodie et de la trame harmonique) et de caractéristiques
de la musique pop (rythme binaire, instruments électriquement amplifiés, intervention de l'électronique).
A la fin des années 60 le rock dicte sa loi. C'est lorsqu’il commence à gagner en légitimité grâce aux Bob Dylan
et autres John Lennon, qu’à lieu la rencontre avec le jazz: pour les groupes de jazz, c'est une opportunité de sortir
de l'avant-gardisme, et d’explorer de nouveaux horizons artistiques. Le jazz-rock accorde une importance grandissante
à la rythmique binaire au détriment du swing, avec, par exemple, le batteur Steve Gadd, qui lui permet de conquérir
un nouveau public.
Steve Gadd
♦ Les groupes Lifetime ou Soft Machine introduisent dans la musique improvisée des éléments empruntés au langage de la pop music, et l'utilisation d'instruments amplifiés.
Mais le véritable point de départ du jazz-rock est l'album de Miles Davis Bitches Brew (1969).
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Bitches Brew
Miles Davis
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Le très remuant Miles Davis reconstitue donc de nouveaux quintettes avec W. Shorter (sax ténor), H. Hancock (piano), R. Carter (contrebasse), T. Williams (batterie) ... L'élite de la nouvelle génération s'y succédera: C. Corea (piano),
K. Jarrett (piano), J. DeJohnette (batterie), A. Moreira (percussions latino-américaines), J. Zawinul (claviers électriques), des transfuges de la pop music comme J. McLaughlin, D. Holland et J. Bruce, ainsi qu'une armée
de saxophonistes, G. Coleman, S. Rivers, S. Grossman, D. Liebman, G. Bartz, C. Garnett, S. Fortune.
Davis se laisse attirer par le rock et préfère pour un temps les martèlements binaires brutaux aux polyrythmies complexes de ses batteurs d'autrefois. Il propose maintenant une musique plus tendue, l'amplification électronique
lui donnant une sonorité plus cassante et agressive, une musique poignante où se raréfient les notes.
♦ Dans une tout autre perspective, celle d'une mise en scène des contradictions culturelles, certains avant-gardistes (Albert Ayler, Archie Shepp, Barney Wilen) s'essaient à improviser sur un fond rythmique inspiré du rock.
Barney Wilen
♦ Le jazz rock est exploré par des solistes capables de faire bonne figure à la fois dans le contexte rock
et dans celui du free jazz (Larry Coryell) et par des jazzmen soucieux d'élargir leur horizon (P. Woods,
J.L. Ponty, K. Jarrett).
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Keith Jarrett
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Larry Coryell & Gary Burton
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Phil Woods
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♦ Cette nouvelle voix met en valeur:
- les solos, avec un goût prononcé pour la vélocité (John McLaughlin).
- les changements de climats: les arrangements très « écrits » côtoient des phases d'improvisations
collectives (Chick Corea).
- L'apport de nouveaux timbres est systématique: piano Rhodes, synthétiseurs, clavinet, instruments « ethniques »
(Weather Report), utilisation de pédales d'effets (comme la pédale wa wa sur la trompette de Miles Davis).
- L'enregistrement multipiste permet plus de précision et la production se rapproche de celle des disques de rock
par l'utilisation fréquente du rerecording (Return to Forever, de Chick Corea, ou Steps Ahead).
- La basse électrique s'émancipe grâce à l'apport de virtuoses comme Stanley Clarke (technique du slap)
ou Jaco Pastorius (basse sans frette), qui enrichit le jeu de l'instrument: approche contrapuntique, notes mortes
et glissandos expressifs, « répétition-mutation » sur les patterns d'accompagnement ...
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Stanley Clarke
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Jaco Pastorius & Pat Metheny
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♦ Conçues en fonction de la danse ou, en tout cas, pour le mouvement, les musiques « binaires » constituent
un phénomène commercial décisif. L'apparition de toute une lutherie électronique provoque des transformations
du son, et modifie les conditions de production et de consommation de la musique.
♦ Le jazz fusion est typiquement une musique instrumentale. Les morceaux sont généralement longs, avec de grandes phases d'improvisation, des motifs et des signatures rythmiques souvent complexes: caractéristiques qu'on retrouve rarement dans les autres formes de musique occidentale. De nombreux musiciens de jazz fusion sont connus pour être des virtuoses: Frank Zappa fut un pionnier avec son album Hot Rats de 1969
Hot Rats: willie the pimp - Frank Zappa
♦ John McLaughlin forme le Mahavishnu Orchestra, avec le batteur Billy Cobham, le violoniste Jerry Goodman,
puis Jean-Luc Ponty, le bassiste Rick Laird et le claviériste Jan Hammer. Les morceaux comprennent souvent
de longs passages de solos dans lesquels violon et guitare électrique se répondent mutuellement. Hammer innove
en utilisant un synthétiseur minimoog avec des effets de distorsion qui lui donnent une sonorité de guitare électrique.
Le Mahavishnu Orchestra est influencé aussi bien par le rock psychédélique que par la musique indienne traditionnelle.
Jean Luc Ponty experience
♦ Mêlant l'héritage de la pop et du rock, Tony Williams ouvre une voie originale: un discours dont la forme
paraît déstructurée, une pulsation dévorée par le silence, une sonorité très typée aux toms, une extraordinaire
maîtrise de la polyrythmie ...
♦ Weather Report: Joe Zawinul fonde, avec W. Shorter, M. Vitous, A. Mouzon et A. Moreira,
le groupe Weather Report qui connaîtra une popularité planétaire jusqu'à sa dissolution en 1985.
Un de ses plus grands succès, Birdland, révélera un prodige de la basse électrique, Jaco Pastorius.
Cette musique sans frontières plonge ses racines dans la puissance expressive du blues et nourrit
son exubérance de l'énergie du rock Parmi les morceaux les plus célèbres: Heavy Weather,
I Sing the Body Electric, Mysterious Traveler, Black Market, Night Passage
Mysterious Traveler - Weather Report
♦ Au Royaume-Uni, le mouvement de jazz fusion est mené par les groupes If et Nucleus dont les deux membres clef Karl Jenkins et John Marshall rejoignent plus tard Soft Machine; ses leaders seront plus tard connus sous le nom d'Ecole de Canterbury
En France: Magma, Tryphon, STS, Sixun, Surya, et Atoll.
Soft Machine
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