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HISTOIRE DU JAZZ
II LA NOUVELLE ORLEANS (1893/1917): LE VIEUX STYLE
METROPOLE & CARREFOUR DE CULTURE
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filature de coton
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La Nouvelle Orléans est une métropole commerciale et industrielle
dont l'économie est basée sur le trafic fluvial, les filatures de coton,
les fonderies, les chantiers navals.
Ville portuaire et catholique (fondée par des colons français), il y règne une relative liberté de moeurs,
comparativement aux villes puritaines protestantes.
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quartier de la prostitution
à Storyville
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c'est l'autre cancan - Kid Ory
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Storyville est une zone limitée de la Nouvelle-Orléans assignée à la prostitution, où se retrouvent les populations défavorisées (les noirs généralement analphabètes, les métis instrumentistes habiles, qui connaissent le solfège
et participent aux activités culturelles de la ville) les marins en escale et tous ceux qui cherchent à se distraire,
sans oublier les musiciens qui animent toutes les fêtes.
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La Nouvelle Orléans, Canal Street
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La Nouvelle Orléans - photo datant de 1895
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Le port est une porte ouverte par laquelle s'infiltrent de nombreuses musiques qui donnent au jazz son caractère hybride: l'opérette française, la musique napolitaine, les tambours africains, les rythmes haïtiens, les mélodies cubaines, les refrains saririques créoles ...
- Les apports de la culture française: le quadrille, le menuet et la polka, les mesures à 2/4, 4/4 et 6/8, le tuba,
la clarinette et le trombone et les thèmes de l'opérette.
quadrille
quadrille, illustration de 1820
- les apports de la culture africaine: les variations modales pentatoniques,
la vocalisation des timbres et les percussions
polka dot rag - Noble Sissle
LA MUSIQUE AU QUOTIDIEN
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illustration de 1885
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La musique fait partie intégrante de la vie quotidienne: on joue à l'occasion
de bals, de pic-nics, de carnavals, de funérailles...
Les cutting contests sont des tournois. Défis entre solistes, lors desquels, le public procède à l'élection du "King". L'un des premiers "rois" de la Nouvelle-Orléans fut Buddy Bolden, cornettiste de référence.
Les funérailles s'articulent en deux parties:
- la procession pour se rendre jusqu'au cimetière.
L'orchestre joue une marche lente à 4 temps. Il s'agit d'un spiritual
transformé pour l'occasion en marche napoléonienne.
- au retour, l'orchestre interprète un 2/4 rapide (inspiré du quadrille),
qui est une transformation là aussi d'un chant religieux.
just a closer walk with thee - G.Lewis
blues for jimmy noone
Kid Ory
LE STYLE NEW ORLEANS
La musique de style New Orleans est, à l'origine, un art collectif véritablement populaire, un jazz de proximité, festif,
né dans la rue, pratiqué par des orchestres ambulants.
Ses véritables créateurs sont, pour la plupart, des musiciens autodidactes, qui se soucient fort peu de lire et encore moins d'écrire des partitions, et qui rejouent, par conséquent, d'instinct ou d'oreille, les musiques les plus diverses
(work songs, spirituals, hymnes et cantiques, blues folk, chants du folklore anglais, danses espagnoles...).
L'antiacadémisme de principe de ces musiciens va être la source de déformations ou, plutôt, de re-créations jubilatoires.
muskrat ramble - Kid Ory
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L'orchestre original se compose d'un ensemble mélodique: un ou deux cornets, pour exposer et paraphraser les mélodies (la trompette, instrument plus «noble», sera d'abord réservée aux Blancs), une clarinette, dont la tessiture étendue permet de dessiner un contrepoint dans l'aigu mais aussi, dans le registre grave, un trombone, pour assurer une partie de basse plus ou moins simpliste.
Dans le style pur, le saxophone (à l'exception du soprano) est rarement utilisé, sauf à Chicago.
À ces instruments est ajoutée, pour marquer le tempo, une section rythmique: banjo ou guitare, basse à vent (tuba) ou à cordes, caisse claire et grosse caisse. Les cymbales, très primitives à l'époque, sont rares.
Une des principales caractéristiques du style New Orleans est la polyphonie permanente : les musiciens jouent et improvisent, tous ensemble, du début à la fin du morceau. Il n'y a pas de solo, sauf dans les breaks, qui dépassent rarement deux ou quatre mesures. L'orchestre idéal doit sonner comme un seul instrument; pour atteindre à un tel équilibre, les règles du style traditionnel sont strictes.
style new orleans - orchestre de A.Gordon
Le style New Orleans a également été pratiqué dans bien d'autres villes des États-Unis:
Chicago, Kansas City, New York, notamment.
L'âge d'or du style New Orleans se situe entre 1922 et 1929. Après quoi, moins vivace, il a cependant perduré jusqu'à nos jours, à travers le mouvement international du revival, à l'abri d'une évolution considérée comme corruptrice.
LES ARTISTES DE LA NOUVELLE ORLEANS
On connaît peu de détails de la carrière de Buddy Bolden, sinon qu'il était coiffeur et qu'entre 1895 et 1899, il a dirigé un orchestre avec le cornettiste
et trompettiste Bunk Johnson. Roi incontesté des quartiers mal famés
de La Nouvelle-Orléans (notamment de Storyville), Bolden a souvent travaillé simultanément avec six ou sept orchestres différents. En 1906, il commence
à montrer des signes de dérangement mental et, le 5 juin 1907, il est interné
à l'East Louisiana State Hospital de Jackson (Louisiane), où il meurt en 1931.
homage à Buddy Bolden
Wynton Marsalis
Le tromboniste, compositeur et chef d'orchestre américain Kid Ory (1886-1973)
est né en Louisianne. Il joue avec Buddy Bolden puis King Oliver et Armstrong à Chicago.
Il gagne ensuite New-York où il devient après la crise, un héros du Revival.
la carrière de Kid Ory
de la Nelle Orléans à Paris
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