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HISTOIRE COURTE & ILLUSTREE DE LA MUSIQUE
VII - L'EPOQUE MODERNE (1890/1950 )
2ème partie: dodécaphonisme, néoclassicisme, école britanique et américaine
♦ le dodécaphonisme
Arnold Schoenberg (1874/1951) fonde l'école de Vienne:
il cherche de nouveaux moyens expressifs:
- sauts d'intervalles, chromatisme puis atonalité
(Le livre des jardins suspendus, le pierrot lunaire)
Le Pierrot lunaire (Gebet an Pierrot)
- et enfin le dodécaphonisme
(variations pour orchestre, Moïse et Aaron, concerto pour violon, cantate)
dodéca = 12 en grec tous les 1/2 tons de la gamme utilisés sans hiérarchie (# tonalité)
série = chaque note figure dans la série dans un ordre immuable établi par le compositeur
et ne peut réapparaître avant que tous les sons n'aient étés donnés.
Cinq Pièces pour piano op. 23, Sérénade pour septuor op. 24, et Suite pour piano op. 25, utilisent des séries reprenant les douze notes de la gamme chromatique sous forme de mélodie ou d’accord.
Alban Berg (1885 /1935). Elève de Schoenberg, il utilise une structure très élaborée, la mélodie est subtile, le phrasé naturel: tout ceci rend sa musique accessible (suite lyrique, Lulu, concerto à la mémoire d'un ange)
Anton Webern (1883 /1945). Sa musique est brève, intense, sans détour, sans ornement:
tout est essentiel. Les séries servent de motif (symphonie, cantate pour chœur et orchestre,
variations pour piano)
Trio à cordes op20 (sehr getragen) - Anton Webern
Le premier compositeur à appliquer rigoureusement la méthode sérielle est Olivier Messiaen (1908/1992), dans une œuvre pour piano intitulée Modes de valeurs et d'intensités où il étend le principe de la série à toutes les variables musicales (notes, rythmes, nuances ... etc ...).
Il puise son inspiration dans l'histoire, les cultures étrangères, la nature (catalogue d'oiseaux,
le merle noir, le réveil des oiseaux) ou encore sa foi profonde (messe de la pentecôte,
la transfiguration, Saint François d'assise)
Quatuor pour la fin du temps
(extrait vidéo: Abîme des oiseaux) - Olivier Messiaen
♦ le néoclassicisme
C'est une réaction aussi bien contre l'expressionnisme que contre l'impressionnisme debussyste, voire contre le ravélisme. D'un côté, une harmonie chargée, un chromatisme exacerbé, de l'autre, des nuances toujours diffuses et estompées. Le besoin de simplifier la trame, de clarifier le discours, de faire souffler un vent d'humour et de pittoresque léger dans la musique sont là, bien présents:
- emprunt des formes et des genres anciens
- utilisation comme matériau de l'ensemble de l'histoire de la musique
- la parodie permet de garder une distance ironique
- besoin d'exalter le rythme et la danse: influence du jazz et du music-hall
Paul Hindemith (1895/1963) fait preuve d' une imagination très personnelle, et d'une grande virtuosité. Il emploie une forme rigoureuse et la polyphonie contrapuntique (Cadillac, Harmonie du monde, symphonies, concertos, quatuors, chœurs)
Sonate pour alto et piano
(op11/4, 1er mouvement)
Paul Hindemith
Igor Stravinsky (1882/1971) pendant sa période russe (jusqu'en 1920), il est influencé
par la tradition de l'église orthodoxe et compose des ballets (l'oiseau de feu, Pétrouchka,
le sacre du printemps). Puis vient sa période néoclassique: il se découvre un idéal de beauté
classique, avec une écriture tonale, modale et polytonale.
Interview d'Igor Stravinsky (extrait vidéo)
Son inspiration puise dans toute l'histoire de la musique (Pulcinella inspiré de Pergolèse, Mavra de l'opéra bouffe classique, Oedipus rex d'après Sophocle, Ebony concerto pour clarinette et orchestre de jazz).
Pièce pour clarinette seule - Igor Stravinsky
1913 Le Sacre du Printemps fait scandale à Paris: A sa création au théâtre des Champs Lysées, le ballet du compositeur russe chorégraphié par Vaslav Nijinski, fait scandale. Le Sacre choque le public par son impression de chaos et sa rupture avec les critères conventionnels de la danse. Il ouvre également la voie à de nouvelles formes musicales. Jean Cocteau parlera d'une oeuvre fauve organisée.
Le sacre du printemps (ballet) - Igor Stravinsky
Serge Prokofiev (1891/1953). Son esthétique est caustique et agressive. Il s'installe à Paris
où il côtoie Poulenc, Stravinsky (symphonie n°2, Pas d'acier, concerto pour piano n°4). A son retour
en Russie il compose une musique plus "officielle" obéissant aux règles de l'état socialiste
(Roméo et Juliette, Cendrillon, Ivan le Terrible, symphonies, concertos...)
Concerto pour violon (allegro ma non tanto)
Roméo et Juliette (ballet)
L'amour des trois oranges
(extrait vidéo: J.Bastin)
Serge Prokofiev
1925 Mort d'Erik Satie (1866/1925). Compositeur connu autant pour son humour que pour
des oeuvres plus sérieuses telles que les Gymnopédies et La mort de Socrate, il fut aussi décrié qu’influent pour la musique moderne. Renvoyé du Conservatoire pour absentéisme et une prétendue incompétence, il a souvent joué dans des cabarets comme Le Chat noir, mais a également été interprété par de grands pianistes. L'art modeste et moqueur de Satie en fait l'idole des compositeurs
à l'époque de la 1ère guerre mondiale.
1ére Gymnopédie - Erik Satie
Découvert par Cocteau il influence largement le groupe des six :
Darius Milhaud (1892/1974) utilise la polytonalité, il est aussi très influencé par le folklore sud-américain et le jazz, (la création du monde, opéras,symphonies, concertos ).
Le Boeuf sur le toit
(extrait vidéo: L.Bernstein)
Darius Milhaud
Arthur Honegger (1892/1955) s'inspire de Bach pour les formes claires et le contrepoint
et fait preuve d'une grande liberté mélodique (Le roi David, Jeanne au Bucher avec Claudel,
Antigone avec Cocteau).
Fughette sur le nom de Bach - Arthur Honegger
Francis Poulenc (1898/1963). Tenu pour un poète frivole et charmant, sa musique comporte pourtant de nombreuses pièces à caractère mystique: Litanies à la Vierge noire, La Messe en sol, le Stabat mater. La vivacité, la tendresse, le lyrisme du Dialogues des carmélites furent salués comme un événement: Poulenc a retrouvé l'esprit baroque de Couperin ou Rameau, capable de peindre, avec la retenue typique de la musique française, les sentiments les plus profonds de l'amour et de la prière dans un langage dépouillé.
Sonate pour flûte et piano
(allegro malinconico)
Métamorphoses (mélodie)
Les autres membres du groupe des six sont: Georges Auric, Louis Durey et Germaine Tailleferre.
♦ Le renouveau de l'école britannique
Edward Elgar (1857/1934). Sa musique allie un attrait populaire immédiat à des moments visionnaires et intenses: facilité mélodique, harmonie chromatique, écriture brillante et colorée particulièrement impressionnante pour les cordes.
Sérénade (1er mouvement) - Edward Elgar
Ralph Vaughan Williams (1872/1958) recueille les chants traditionnels britanniques dont il s'inspire, ainsi que de l'école anglaise du XVI° siècle. Elève de Ravel, il reste longtemps sous son influence. L'œuvre de Williams est marquée par une mélodie lyrique, la modalité masque une harmonie rude ancrée dans le XX° siècle. Il est un personnage central du renouveau de la vie musicale anglaise.
William Walton (1902 /1983). Esprit iconoclaste influencé par Prokofiev, les six, le jazz, Elgar, Britten, son oeuvre est inégale, mais ses pièces symphoniques sont particulièrement bien conçues.
Concerto pour alto (vivo) - William Walton
Benjamin Britten (1913 /1976). Ses modes d'écriture sont nouveaux mais sans pour autant adopter le système sériel. Considéré comme le plus grand musicien anglais de sa génération, chaque nouvelle oeuvre, surtout dans le domaine lyrique est un évènement dans le monde entier.
A Shepherd's carol - Benjamin Britten
♦ L'influence du jazz aux Etats-Unis
George Gershwin (1865 /1937) produit des oeuvres scéniques (comédies musicales) pour Broadway (Lady be good), des pièces de jazz symphonique (Rhapsodie in blue).
Rhapsody in blue - George Gershwin
En 1928, première de Un américain à Paris: la pièce est présentée pour la première fois au Carnegie Hall de New York, elle sera adaptée au cinéma par Vicente Minelli en 1951 avec Gene Kelly qui obtiendra un oscar restera internationalement célèbre avec la chanson Singin' in the rain.
Aaron Copland (1900 /1990) est influencé par le jazz, puis par la musique populaire, et enfin
par la musique expérimentale. Il a trouvé un style véritablement américain, à l'harmonie frugale
et aux couleurs sensibles.
Lincoln Portrait - Aaron Copland
Yehudi Menuhin, enfant prodige, tout jeune violoniste américain d'origine russe, donne en 1927, son premier concert parisien salle Gaveau. L'orchestre des Concerts Lamoureux l'accompagne sous la direction de Paul Paray.
A 11 ans, ce disciple d'Eugène Ysaye obtient un triomphe en jouant La Symphonie espagnole d'Edouard Lalo.
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