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TANGO
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A Buenos Aires à la fin du XIXème siècle, la société issue de l'émigration européenne, écoute et danse des habaneras, des polkas, des mazurkas et des valses. Quant aux noirs, qui représentent le quart de la population, ils dansent le candombe.
Le tango trouve ses origines dans la habanera hispano-cubaine, véhiculée lors des fréquents contacts marchands entre le port de La Havane à Cuba et celui de Buenos Aires en Argentine.
Au début, il est interprété par de petits groupes de musiciens jouant du violon, de la flûte, de la guitare, qui interprètent des mélodies déjà existantes.
L'instrument mythique, le bandonéon, n'arrivera que plusieurs années plus tard, en 1900, et remplacera peu à peu la flûte.
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Beaucoup d'espagnols, d'italiens, mais aussi d'allemands, de hongrois, d'arabes et de juifs forment une classe ouvrière déracinée, pauvre, et majoritairement masculine qui danse le tango dans les lupanars. Il est provocateur, les paroles sont obscènes et leurs titres peu équivoques. Le pape Pie X l'interdit, ainsi que l'empereur d'Allemagne. La presse espagnole le juge indécent, fait de gesticulations grotesques et répugnantes, avis repris en masse par des journaux anglais, allemands et même français.
Le tango se transporte depuis son berceau populaire jusqu'à Paris, ville d'avant-garde où tout est bon pour prendre du plaisir et se divertir. Objet de curiosité au départ, puis mode et fureur ensuite, il obtient ses titres de noblesse et s'exporte rapidement à toutes les autres grandes capitales européennes, pour ensuite revenir à Buenos Aires, dans les salons mondains d'une bourgeoisie désireuse de faire de sa capitale le "Paris" de l'Amérique.
Le tango devient le roi des salons de danse de l'avant guerre.
VALSE
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Berthe Silva fait ses débuts vers la fin des années dix. Elle se produit au Casino de Montmartre et au Casino-Montparnasse . Ce n'est qu'à la fin des années vingt qu'on la découvreau Caveau de la République, dans un répertoire larmoyant, alors que cette bonne vivante, aime pourtant bien boire, rire et manger ! Elle fut une des premières à chanter sur les ondes de Radio Tour Eiffel, une chanson qu'elle allait garder à son répertoire jusqu'à la fin : Rose blanche de Charles-Louis Pothier et Léon Raiter. Sa grande période débute dans les années trente avec: Le raccommodeur de faïences, une chanson de 1927 de Decoq et Soler; La légende des flots bleus de Raoul Le Peltier, Henri Christiné et Paul Dalbret; Du gris de Dumont et Bénech; et surtout, On n'a pas tous les jours vingt ans, que Pothier et Raiter écrivent pour elle en 1934.
C'est lors d'un concours radiophonique que Lucienne Delyle se fait entendre pour la première fois sur les ondes de Radio-Cité en 1939. Ses premiers enregistrements, elle les fait avec les orchestres de Marcel Cariven, de Raymond Legrand et de Jacques Météhen: Sur les quais du vieux Paris, en 1939; Le paradis perdu en 1941; Mon amant de Saint-Jean, en 1942; une chanson de Django Reinhardt, Nuages, en 1943. Elle n'est pas une chanteuse à voix: diseuse intimiste de cabaret, devant un orchestre ou tout simplement un piano, elle fait son tour de chant, en robe de soirée, sous le feu d'un seul projecteur. Le succès sera au rendez-vous jusqu'à la toute fin des années cinquante avec: Malgré tes serments, en 1944; Boléro, en 1948; J'ai rêvé de vous, en 1950; Domino, en 1953; Java en 1956... Elle passera en vedette à Bobino en 1961.
BLUES
Élevée dans une famille pauvre, orpheline à huit ans, Bessie Smith apprend vite à chanter et à danser dans les rues pour quelques pièces. En 1912 elle devient danseuse et choriste à la Moses Stokes Company, au Paradise Cafe d'Atlantic City, puis rejoint ensuite le circuit des spectacles itinérants de vaudeville. Dès 1920, son nom est une référence incontournable: elle débute dans une comédie musicale aux côtés de Sydney Bechet.
En 1921 Bessie Smith part pour Philadelphie. Âgée de 26 ans, elle est déjà célèbre dans la communauté noire. Elle attend deux ans avant d'enregistrer Gulf Coast Blues et Down Hearted Blues: sa voix "trop dure" ne plaît pas à tous les producteurs. De 1923 à 1933 Bessie Smith enregistrera plus de 160 titres.
Dans ses morceaux, elle rend compte des problèmes des noirs des années 20. Sa voix plaintive et ample de contralto, sa diction parfaite, son style âpre, parfois cru ou violent, en font l'interprète idéale pour ces lamentations: elle chante les amours malheureuses, la dépravation de l'alcool ou des comptines plus grivoises. Elle chante aussi des classiques du blues, dont le fameux St Louis Blues.
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En 1933 elle enregistre avec Benny Goodman à la clarinette; elle chantera aussi avec Louis Armstrong, Coleman Hawkins et bien d'autres...
Son enregistrement de Baby Won't You Please Come Home pose les fondations d'un blues dramatisé dans la justesse et le déchirement; ceux de Careless Love et de Nobody Knows You When You're Down and Out d'un certain swing qui influencera des générations de chanteuse de jazz. Celle qu'on surnomma l'Impératrice du Blues est immédiatement identifiable grâce à sa voix puissante, ses interprétations dramatiques. Son empreinte vocale reste une contribution essentielle dans l'histoire de la musique populaire.
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